LETTRES OUVERTES

Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 22:23
- Par CIANE - Publié dans : LETTRES OUVERTES

Le Ciane salue l'initiative de l'Association nationale des sages-femmes libérale (http://www.ansfl.org/) pour cette lettre ouverte sur les difficultés que rencontrent certaines femmes à obtenir une consultation pré-anesthésique lorsqu'elles ont le projet d'accoucher à domicile. La lettre sur le site de l'ANSFL: http://www.ansfl.org/page.php?id=105

 

Lettre ouverte aux chefs de services et aux médecins anesthésistes des maternités

Certaines de nos consœurs, sages-femmes libérales, ont souligné à plusieurs reprises la difficulté voire l’impossibilité pour leurs patientes de réaliser une consultation pré-anesthésique en maternité lorsque l’accouchement est prévu à domicile.

Si les textes mentionnant une consultation obligatoire concernent effectivement les accouchements prévus dans la structure, faut-il pour autant  refuser le bénéfice de cette consultation aux autres femmes enceintes ?

Les sages-femmes doivent s’entourer de toutes les précautions pour préserver la santé des femmes - et de leurs enfants - qui s’adressent à elles pour une demande d'accompagnement global et d'accouchement à domicile.

Ces sages-femmes ne peuvent accepter de prendre en charge à domicile que les patientes sans antécédent particulier et dont la grossesse se déroule de façon physiologique.

La possible nécessité d’un transfert en structure au cours de l’accouchement doit cependant être envisagée. Lors de l’accouchement, les sages-femmes s’attachent à dépister tout signe précurseur d’une difficulté afin qu’un éventuel transfert ait lieu aussi précocement que possible et dans les meilleures conditions

Les motifs amenant à transférer une femme à la maternité justifient généralement une prise en charge plus technicisée, nécessitant souvent le recours à une anesthésie.

Comment ne pas s’étonner alors de voir une consultation réalisée systématiquement  pour les patientes de la maternité refusée aux autres femmes ?

Lors des travaux du réseau Aurore 1, il est apparu que ces refus sont liés à la crainte de cautionner   - en acceptant de recevoir ces patientes en consultation - la pratique de l’accouchement à domicile.

Rappelons que de nombreuses études démontrent la sécurité de l’accouchement à domicile lorsqu’il est réservé à des situations qualifiées de « bas-risque ».2 Par ailleurs, cette pratique est parfaitement légale et prise en charge par l’assurance maladie.

Nous ne demandons pas aux anesthésistes de s’engager sur ce qui est de la responsabilité pleine et entière de la sage-femme mais de préparer un éventuel recours à une anesthésie. Il apparait paradoxal de mettre en doute la sécurité des patientes désirant accoucher à domicile tout en refusant parallèlement  la réalisation d’une consultation qui fait partie des stratégies proposées pour améliorer la sécurité de la naissance.

Par ailleurs, l’Article D6124-35 du code de la santé publique précise :                             

L'établissement de santé autorisé à pratiquer l'obstétrique met en place une organisation permettant :        (…)  3° D'assurer au début du dernier trimestre de la grossesse une consultation par un gynécologue-obstétricien ou une sage-femme de l'unité qui effectuera l'accouchement et de faire réaliser la consultation pré-anesthésique prévue à l'article D. 6124-92 par un anesthésiste-réanimateur de l'établissement ;

Les femmes enceintes doivent-elles se retrouver otages d'un conflit entre deux façons de concevoir la prise en charge de l’accouchement physiologique ?

L’ANSFL déplore fortement cette situation et demande à l’ensemble des chefs de services et des médecins anesthésistes d’accueillir en consultation toute femme enceinte, quelque soit le choix de son lieu d’accouchement, favorisant ainsi un travail en réseau pour une prise en charge optimale des femmes et de leurs enfants.

le 6 octobre 2010, Laurence Platel pour l’ANSFL

 

(les notes n'ont pas été reproduites, voir le courrier original sur le site http://www.ansfl.org/page.php?id=105)

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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 17:10
- Par CIANE - Publié dans : LETTRES OUVERTES

Cette réponse du Ciane a été initialement publiée en commentaire à l'article daté du 4 octobre 2010 dans Lefigaro.fr: Faut-il revenir à l'accouchement à domicile ? La réponse de Roger Henrion, président de l'Académie nationale de médecine http://www.lefigaro.fr/sante/2010/10/03/01004-20101003ARTFIG00263-faut-il-revenir-a-l-accouchement-a-domicile.php

 

L'étude américaine (1) à laquelle le Pr Henrion fait allusion est en fait une méta-analyse qui regroupe des études effectuées dans des pays occidentaux, donc certaines sont anciennes (années 1970) et d'autres s'appuient sur une méthodologie qui rend hasardeuse la discrimination entre les accouchements prévus à domicile prévus et ceux qui y ont lieu de façon inopinée. La méthodologie de cette analyse a été largement critiquée dans le monde scientifique(2).

La lecture de cette méta-analyse permet de considérer d'autres résultats: si on considère la mortalité périnatale (mortalité de 20 semaines de grossesse à 28 jours après la naissance) et non plus la mortalité néonatale (décès dans les 28 premiers jour de vie), il n'y a pas de différence entre les femmes qui ont PREVU un accouchement à domicile et celles qui l'ont prévu en hôpital. Ces chiffres portent sur 300 000 naissances, ce qui est conséquent.

Or, les auteurs de l'étude ne reprennent dans leurs conclusions que les chiffres de mortalité néonatale, issus de l'analyse d'environs 30 000 accouchements. Une grande partie de ces chiffres provient d'une des étude américaine dont la méthodologie a été critiquée (discrimination entre domicile prévu/inopinée) et dans un contexte où les sages-femmes exercent de façon non intégrées au système de soins. 

A l'inverse, une grosse étude néerlandaise a été exclue du calcul de la mortalité néonatale, alors que les données qu'elle apporte sur les mortalité néonatale précoce (7 jours) sont en faveur d'un risque non accru pour l'accouchement à domicile.

Les futurs parents, les femmes, les familles,  tout comme l'éditorialiste du BMJ T.Delamothe (3) s'étonnent que soudain, les chiffres de mortalité périnatale semblent ne plus avoir aucune importance. Ils s'étonnent aussi que cette autre conclusion, issue elle aussi des 300 000 accouchements considérés dans la méta analyse, "les femmes ayant prévu une naissance à domicile ont eu moins d’infections, de déchirures, d’hémorragies ou de rétention placentaire" ne soit pas mentionnée 

Usagers "activistes", nous ne soutenons que de la justesse des informations transmises aux familles et de leur liberté de choix. L'utilisation de cette méta-analyse américaine comme appui aux convictions du Pr Henrion relève de la désinformation.

E.Phan (Ciane)

 

(1) Wax JR, Lucas FL, Lamont M, et al. Maternal and newborn outcomes in planned home birth vs planned hospital births: a metaanalysis. Am J Obstet Gynecol 2010;203:243.e1-8. Voir traductions de commentaires critiques sur http://www.ciane.info

(2) Gyte G BMJ 2010; 341:c4033

(3); BMJ 2010;341:c4292

 

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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 00:20
- Par CIANE - Publié dans : LETTRES OUVERTES
Le Collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE), qui regroupe des associations de parents, écrit au Président de la République pour lui signaler les blocages du dispositif mis en place pour valoriser des résultats de la recherche française. Les dysfonctionnements concernent des méthodes de dépistage prénatal de maladies génétiques par prise de sang, qui remplaceraient les tests pratiqués actuellement dont le caractère invasif (amniocentèse) provoque des pertes de 700 foetus par an. La méthode (baptisée ISET), développée par une équipe de l'INSERM, est validée cliniquement pour l'amyotrophie spinale et la mucoviscidose et pourrait l'être pour la trisomie 21. Le Ciane déplore, au nom des parents et des contribuables, l'entrave à la validation et à la valorisation de ces tests du fait d'intérêts privés conflictuels mettant en cause les dirigeants et investisseurs de la société Metagenex.


Lettre ouverte

Objet : Diagnostic prénatal non-invasif, procédé ISET


Monsieur le Président,

 

Le Collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE) est un groupement d’associations locales, régionales et nationales constitué en février 2003 autour du thème de la périnatalité. Agréé au plan national par le Ministère de la Santé, il est composé à ce jour de plus de 40 associations de parents, et ses porte-parole interviennent régulièrement dans de nombreuses instances nationales ou régionales du système de santé.

 

Le 3 mars le CIANE s’est adressé par lettre ouverte (à ce jour sans réponse) à Mme Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, pour lui faire part de ses vives inquiétudes au sujet d’une innovation technique permettant le diagnostic prénatal (DPN) non invasif des maladies génétiques, qui semble ne pas devoir aboutir pour des motifs autres que scientifiques et médicaux (1).

 

Il s’agit de la méthode ISET-DPN, mise au point par une équipe de l’INSERM à l’Hôpital Necker-Enfants Malades, qui a fait l’objet du dépôt de quatre brevets par l’INSERM, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et l’Université Paris Descartes. Elle permet d’effectuer le DPN sur simple prise de sang et donc sans risque de fausse-couche (risque associé à l’amniocentèse et la biopsie du trophoblaste).

 

Cette méthode, qui doit faire l’objet de développements techniques et de validations cliniques pour chacune des maladies génétiques ciblées, a été mise au point pour le DPN de l’amyotrophie spinale (SMA) et de la mucoviscidose (2, 3).

 

Les deux tests ISET ont été ensuite validés en 2007 et 2009 par des essais cliniques avancés. Ces résultats scientifiques de pointe font de la France le premier pays au monde à avoir développé puis validé cliniquement deux méthodes de DPN non-invasif.


Le développement et la validation du test pour le DPN non invasif de la trisomie 21, qui représente un enjeu mondial à la fois économique et de santé publique, a été bloqué en 2006 par la compagnie Metagenex, une start-up fondée en 2001 pour valoriser les tests ISET DPN et ISET Oncologie. Le président du Directoire, M. David Znaty, a en effet refusé de signer le contrat de l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui attribuait 600 000 euros au partenariat public-privé (Metagenex-INSERM) chargé de réaliser le projet.

 

Contacté par le CIANE, M. Znaty a déclaré le 13 juin 2007 que la principale raison de la non-signature du contrat était le refus de l’INSERM et INSERM Transfert de céder la licence de deux brevets ISET à Metagenex. Précisément, l’INSERM et sa filiale privée souhaitaient obtenir de la société Metagenex « les éclaircissements et plans de développement nécessaires avant l’octroi définitif d’une licence exclusive, tenant compte des enjeux majeurs de cette approche diagnostique, applicable à la fois au diagnostic prénatal et à l’oncologie prédictive ». Cette réserve faisait suite au constat de la commercialisation par le laboratoire Lavergne, partenaire de Metagenex, du test ISET-Oncologie non validé et non contrôlé en dépistage des cancers. De nombreux faux-positifs avaient été constatés. L’Université Paris Descartes et l’AP-HP ont rejoint la position de l’INSERM (4).

 

Après de nombreuses péripéties dont la presse s’est largement faite l’écho, la médiation entre les parties concernées s’est terminée par l’octroi à Metagenex, en juin 2008, d’une licence mondiale et exclusive, garantissant la nécessité des validations, pour l’exploitation des quatre brevets ISET. Malgré la levée de cet obstacle, la direction de Metagenex n’a pas signé la convention avec l’ANR, entraînant l’annulation définitive du programme de recherche fin 2008 (5). Notre demande d’explications à M. Znaty (19/12/2008) est restée sans réponse (6).

 

Deux autres points sont fortement regrettables :

 

• des résistances, liées à l’octroi des licences à Metagenex, sont apparues contre la mise à disposition (comme recherche biomédicale interventionnelle avec analyse bénéfice-risque) des tests ISET validés aux familles des enfants malades. Les futurs parents d’enfants à risque de SMA ont exprimé leur déception et leur colère ; une lettre ouverte (à ce jour sans réponse) vous a été adressée le 6 décembre 2008 avec copie à Mme la Ministre de la Santé (7).
• le contrat de licence que Metagenex a signé le 16 juin 2008 avec les organismes propriétaires des brevets n’a pas été enregistré à l’INPI. Ceci rend la licence non-opposable aux tiers par la compagnie, exposant ainsi ces méthodes pointues à la contrefaçon (8). Pourquoi une entreprise prendrait-elle ce risque si elle avait réellement la volonté d’exploiter ces licences ? Nous n’arrivons pas à imaginer de réponse plausible à cette question.

Monsieur le Président, le soutien des investisseurs de la compagnie Metagenex aux choix du Directoire ne cible pas, à l’évidence, la valorisation de ces recherches en santé publique et économique. D’autres intérêts, conflictuels, lient les décideurs et, alors que la technologie, le savoir-faire et les financements pour cette innovation française à haut potentiel sont disponibles, la volonté politique semble faire défaut car ils poursuivent d’autres ambitions.

 

Aujourd’hui, nous sommes donc très inquiets de constater que ces recherches innovantes, soutenues par des fonds publics ainsi que par des investissements privés (y compris associatifs), sont dans l’impasse en raison de blocages du dispositif mis en place pour les valoriser.

 

Par la diffusion des méthodes de dépistage actuelles (sérologie + échographie), qui ignorent 20% des fœtus trisomiques, la France détient le record mondial d’amniocentèses, 92 000 en 2007 (11 à 15% des grossesses selon les régions) et celui de fausses couches iatrogènes : plus de 700 fœtus sans trisomie perdus par an. Ce coût humain considérable d’une approche peu sensible représente une lourde responsabilité pour ceux qui entravent les efforts de recherche.


Les usagers du système de périnatalité vous demandent d’intervenir pour mettre un terme à ces entraves multiples au développement des tests ISET et à leur mise à disposition des patients, faute de quoi, l’attente des contribuables, aussi bien que celle des chercheurs stimulés à valoriser leurs efforts de recherche, serait gravement déçue.

 

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma plus haute considération.

Pour le CIANE

Chantal Ducroux-Schouwey, Présidente

  1. http://cianewiki.naissance.asso.fr/LettreMinistreSante030309
  2. C. Béroud, M. Karliova, J.-P. Bonnefont, A. Benachi, A. Munnich, Y. Dumez, B. Lacour, P. Paterlini-Bréchot. Prenatal diagnosis of spinal muscular atrophy by genetic analysis of circulating fetal cells. Lancet 2003, 361 : 1013-14.
  3. A. Saker, A. Benachi, J.-P. Bonnefont, A. Munnich, Y. Dumez, B. Lacour, P. Paterlini-Bréchot. Genetic characterisation of circulating fetal cells allows non-invasive prenatal diagnosis of cystic fibrosis. Prenat Diagn 2006, 26 : 906–916.
  4. Voir dépêche de l’APM, SLKGO004 le 24/07/2007, et l’article du Parisien le 21/11/2007.
  5. http://cianewiki.naissance.asso.fr/ReponseAnr231208
  6. http://cianewiki.naissance.asso.fr/LettreZnaty191208
  7. http://cianewiki.naissance.asso.fr/LettreOuverteAccesDPNI
  8. http://cianewiki.naissance.asso.fr/EnqueteDiagnosticPrenatal 

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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 23:16
- Par CIANE - Publié dans : LETTRES OUVERTES

LETTRE OUVERTE

Madame Roselyne BACHELOT
Ministre de la Santé, de la Famille et des personnes handicapées
Ministère de la Santé
8, avenue de Ségur
75350 Paris 07 SP


Lyon, le 03 mars 2009

Madame la Ministre,


Ce courrier, Madame la Ministre, pour vous faire part de nos vives inquiétudes au sujet de recherches dans lesquelles nous avions de grands espoirs et qui semblent ne pas devoir aboutir pour des motifs autres que scientifiques et médicaux.


Permettez-nous tout d’abord de nous présenter : le Collectif Interassociatif Autour de la NaissancE (CIANE) est un groupement d’associations locales, régionales et nationales s’étant constitué en février 2003 autour du thème de la périnatalité. Il est composé à ce jour de plus de 40 associations de parents, d’usagers et de malades.


Notre objectif majeur est d’améliorer les conditions de la maternité et de la naissance en France. Dans cette optique, nous avons participé aux États généraux de la naissance au ministère de la santé, en juin 2003, et organisé ceux de Châteauroux en septembre 2006.


Depuis 2003, nous suivons avec beaucoup d’attention les travaux de recherche visant à un meilleur dépistage et diagnostic des anomalies génétiques avec pour effet une diminution des amniocentèses et biopsies aux effets iatrogènes trop connues. Nous avons d’abord soutenu l’expérimentation menée dans les Yvelines par mesure échographique de la clarté nucale combiné à la mesure des marqueurs sériques maternels au 1er trimestre de la grossesse (voir publication de Rozenberg, Bussières et collègues dans Gynécologie Obstétrique et Fertilité, 2007, doi: 10.1016/j.gyobfe.2007.02.004). Deux membres de cette équipe ont animé un atelier sur ce thème aux États généraux de la naissance (22-24 sept. 2006, voir http://www.quellenaissancedemain.info/archives/enregistrements/atelier_9.html).


Par la suite, nos représentants ont participé aux travaux du groupe de la HAS qui vient de publier une recommandation en santé publique évaluant l’opportunité de modifier la stratégie de dépistage prénatal de la trisomie 21 en France, à la demande conjointe de la DGS, du CNGOF et du CIANE (voir http://cianewiki.naissance.asso.fr/RSPdepistageT21 ).


Parallèlement à cette action, nous nous intéressons depuis 2003 aux recherches menées à l’Hôpital Necker-Enfants Malades, visant à la mise au point d’une méthode de diagnostic prénatal par analyse moléculaire des cellules fœtales circulantes (suite à une simple prise ce sang). Cette approche alternative nous paraît porteuse d’un espoir tangible de réduire encore le nombre de fausses couches iatrogènes, ainsi que de limiter l’inflation d’actes invasifs anxiogènes, en France et pourquoi pas au delà de nos frontières si ces recherches sont correctement valorisées.


Cette technique a été validée par des essais cliniques pour la détection de la SMA en 2007, pour la Mucoviscidose fin 2008, mais reste dans l’attente d’une validation pour la Trisomie 21. Avec 92000 amniocentèses en 2007 (essentiellement pour la recherche de la T21), la France détient le record mondial rapporté au nombre de grossesses (11% et jusqu’à 15% dans certaines régions), mais aussi le record de fausses couches provoquées et de morts fœtales. Car nous savons que le test de dépistage (mesure échographique + test sérique) est très peu précis, et conduit à préconiser des prélèvements invasifs (par amniocentèse ou biopsie des trophoblastes), qui in fine dans 97% des cas, révèlent des fœtus sains. A raison de 1% en moyenne de fausses couches provoquées, c’est plus de 700 fœtus sains perdus par an. Cette méthode a un coût humain énorme et devient inacceptable s’il existe une méthode de diagnostic alternative non-invasive.


Aujourd’hui, nous sommes très inquiets de constater que ce projet innovant – soutenu par le financement public de l’INSERM, de l’Université Paris Descartes et de l’Assistance Publique/Hôpitaux de Paris, mais aussi par des investissements privés (notamment associatifs) — est dans l’impasse en raison de dysfonctionnements du dispositif mis en place pour valoriser cette découverte.


Cette nouvelle méthode ayant fait l’objet de communications dans la presse et les médias audiovisuels, de nombreuses femmes s’adressent à nous et aux associations de malades en s’étonnant de ne pas pouvoir bénéficier de ce progrès. Que pouvons-nous leur répondre ?


Avec l’espoir que vous ferez bouger les choses, je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’expression de mes sentiments distingués.


Pour le CIANE


Chantal Ducroux-Schouwey, Présidente


PS : Nous avons constitué un dossier permettant aux membres de nos associations et à tous les citoyens concernés de prendre connaissance de l’historique du projet, de ses enjeux, et des difficultés auxquelles il est confronté : http://cianewiki.naissance.asso.fr/DossierDiagnosticPrenatal

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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /Oct /2008 22:57
- Par CIANE - Publié dans : LETTRES OUVERTES
Le Collectif interassociatif sur la naissance (CIANE) défend le droit des usagers à l'information médicale, au consentement éclairé, et à la prise en compte de leurs exigences, garants d'une réelle liberté de choix lors des décisions médicales les concernant personnellement dans le domaine de la périnatalité. Dans ce contexte, il suit avec beaucoup d'attention les travaux de recherche visant à une évolution du dépistage anténatal des maladies chromosomiques et génétiques.

Réunis en assemblée générale le 20 septembre 2008, les représentants des associations affiliées au Collectif  ont approuvé à la majorité une motion pour le soutien à la recherche sur le diagnostic prénatal non-invasif.  Cette motion s'inscrit en ligne droite d'une proposition présentée en 2005 par le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) aux  États généraux de la douleur, affirmant le soutien des usagers à un programme de recherche sur l'analyse moléculaire des cellules foetales circulantes (procédé ISET) mené par l'unité INSERM U807 en partenariat avec l'Université Paris-V et l'AP-Hôpitaux de Paris. Cette méthode non-invasive a pour objectif de réduire le stress des femmes soumises aux diagnostics actuels (amniocentèse et autres) et à leur grande souffrance en cas de fausse couche induite.

Texte de la motion :
http://cianewiki.naissance.asso.fr/MotionDiagnosticPrenatalNonInvasif

Le CIANE n'a pas pris position sur la controverse opposant l'équipe de recherche à son partenaire industriel (Metagenex) au sujet des cessions de licences et de la conformité des pratiques. Il déplore toutefois que la focalisation médiatique sur ces questions ait entièrement occulté le problème de la mise en attente du programme de validation du diagnostic prénatal de la trisomie 21, qui a obtenu en 2007 un financement de l'Agence nationale de la recherche (ANR). D'autre part, le Collectif déplore qu'après la validation en décembre 2007 du diagnostic prénatal non-invasif de l'amyotrophie spinale (SMA), le laboratoire de génétique médicale de l'Hôpital Necker-Enfant Malades n'ait pas immédiatement demandé les financements permettant de proposer ce test validé aux familles à risque d'avoir un enfant atteint.

Les revendications du CIANE ont été citées et commentées dans une dépêche de l'Agence de presse médicale (6 octobre 2008) :
http://cianewiki.naissance.asso.fr/CommuniqueApm6oct2009

Interrogé par Mme Carole Debray, le Prof. Yvon Cayre, consultant en Recherche et développement à Metagenex, aurait annoncé un nouveau programme de recherche sur le diagnostic prénatal de la trisomie 21 « reposant sur la mise en culture des cellules trophoblastiques recueillies [par le procédé ISET] ». Le bien-fondé de cette approche méthodologique est mis en doute par l'inventrice du procédé ISET :
http://cianewiki.naissance.asso.fr/CultureCellulesFoetales

Il nous paraît suicidaire d'abandonner une technique qui a déjà démontré sa faisabilité, bénéficiant d'un financement pour sa validation au terme de trois ans de recherche, pour une approche dont l'issue est incertaine. Tout cela dans un contexte de compétition internationale agressive - une équipe américaine vient en effet de présenter en pré-publication ses travaux sur un diagnostic prénatal de la T21 mettant en oeuvre des techniques de séquençage ADN « massif » :
http://afar.info/id=2248

Préoccupé par les blocages et dysfonctionnements de ces travaux de recherche publique dans un secteur de pointe, ainsi que les retards injustifiés de mise à disposition des tests validés, le CIANE adresse aujourd'hui des courriers à tous les partenaires concernés :

Lettre aux Professeurs Arnold Munnich et Michel Vekemans (Hôpital Necker-Enfants Malades) - copies au Professeur Yves Ville et au Docteur Jean-Paul Bonnefont
http://cianewiki.naissance.asso.fr/LettreNecker131008

Lettre à Madame Jacqueline Lecourtier, Directrice Générale de l'ANR - copie aux investisseurs et aux Pouvoirs publics
http://cianewiki.naissance.asso.fr/LettreANR131008

Lettre M. David Znaty, Président du Directoire de Metagenex - copie au Professeur Yvon Cayre
http://cianewiki.naissance.asso.fr/LettreZnaty131008
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Samedi 16 février 2008 6 16 /02 /Fév /2008 23:44
- Par CIANE - Publié dans : LETTRES OUVERTES
Résumé :

La Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) refuse le remboursement à des femmes domiciliées dans les zones frontalières qui ont accouché dans des hôpitaux ou des maisons de naissance des pays limitrophes, ou à leur domicile avec des sages-femmes de ces pays. Le Conseil national de l’ordre des sages-femmes (CNOSF) s’est adressé au directeur de la CNAMTS pour demander de mettre fin à ces refus (voir lettre).

Le CIANE soutient la démarche du CNOSF et rappelle qu’il soutient la diversification de l’offre de soins, plus particulièrement la mise en place de filières adaptées aux grossesses sans risque particulier. La création de telles filières est un des points essentiels de la plateforme de propositions du CIANE, qui a reçu début 2007 le soutien d’organisations professionnelles. Le CIANE signale à la CNAMTS, preuves à l’appui, que ces filières sont compatibles avec l’efficience économique. Par ailleurs, le CIANE déplore une nouvelle fois l’immobilisme des pouvoirs publics sur la question des maisons de naissance.

Pour lire le communiqué en entier, suivre le lien :
http://wiki.naissance.asso.fr/index.php?pagename=CianeCommunique14fev2008
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 10:07
- Par Françoise BICHERON - Publié dans : LETTRES OUVERTES
Commission permanente de la nomenclature générale des actes professionnels des sages-femmes
Mme Françoise BICHERON, Présidente

À :
Monsieur Xavier BERTRAND
Ministre de la Santé et des Solidarités

Paris, le 19 mars 2007

Monsieur le Ministre,

En date du 31 décembre 2003, la Commission de la Nomenclature générale des actes professionnels arrivait à la fin de ses travaux et devait être remplacée rapidement par la CCAM technique Sage-Femme.

Qu’en est-il à ce jour ?.... Rien n’a été fait, le sujet semble avoir disparu des priorités de l’Assurance Maladie. Dans certains hôpitaux, les sages-femmes sont obligées d’enregistrer leurs actes sous le nom d’un médecin qui ne les a pas effectués, au mépris des règles élémentaires régissant le code de la Sécurité Sociale et le code de Déontologie de la profession, engendrant ainsi des coûts supplémentaires pour l’assurance maladie.

De surcroît, un tel fonctionnement aboutira à une absence de visibilité totale sur la démographie des sages-femmes, ce qui, une fois de plus, continuera à nourrir la pénurie, au moment même où l’obstétrique connaît une désaffection chez les gynécologues obstétriciens.

Alors que la France s’enorgueillit de son taux de natalité, dorénavant le plus haut d’Europe, on peut se poser la question de savoir si la périnatalité demeure une priorité de santé publique au sein de nos autorités de tutelle

Les sages-femmes, véritables « praticiens de la grossesse normale », devraient être reconnues comme le « praticien traitant » de la grossesse normale. Ainsi, toute femme enceinte pourrait à coup sûr bénéficier du premier entretien réalisé par un spécialiste de la grossesse ; puis, en vertu du libre choix du praticien, toute femme enceinte choisirait de faire suivre sa grossesse par un médecin généraliste, un gynécologue obstétricien ou une sage-femme.

Bénéficiant d’une formation théorique et clinique de haut niveau, la qualité des suivis réalisés par la sage-femme est bien connue. Elles sont peu prescriptrices de médicaments, d’examens complémentaires ou d’arrêts de travail.

Tout le monde devrait y trouver son compte, à commencer par les usagers de la naissance, le CIANE (regroupant 143 associations et 150 000 adhérents), qui souhaite une démédicalisation raisonnée et raisonnable des conditions de la naissance en France.

Convention nationale des sages-femmes

Les négociations conventionnelles commencées depuis Novembre 2OO5 patinent lamentablement. Les propositions faites sont absolument scandaleuses et tournent résolument le dos à la qualité des soins si souvent prônée et si peu mise en pratique.

La convention est maintenant échue depuis début 2005.

Depuis 5 ans, le tarif de la consultation et de la visite réalisée par la sage-femme (engageant la même responsabilité que celle du médecin) est bloqué à 15,30 € (en Belgique le tarif est de 22 €, et de 21 € pour le médecin généraliste) sans que personne, à quelque niveau que ce soit, ne s’émeuve d’une telle situation.

Dans moins de 5 ans, les séjours ante et post-natals en établissements subiront encore une diminution importante et irréversible de leurs durées. Les plateaux techniques devront avoir pour seule vocation d’assurer les actes techniques, avec un temps de séjour de plus en plus court.

Les actes techniques se réalisant sous couvert de la lettre clé SF.

Pire que tout, ces actes qui représentent les 80% du cœur du métier de la profession se verraient dévalorisés à l’extrême, par le gel du tarif de la lettre clé…. sur la base des tarifs de 2002 !...alors que seules les sages-femmes réalisent ces actes de grande responsabilité, de surcroît grands consommateurs de temps. En effet, pas plus les médecins généralistes que les gynécologues ne s’y sont investis. Les infirmières, elles, ne disposent ni de la formation ni des compétences requises pour les réaliser. Où va la qualité des soins ?

Démographie

Le rapport BERLAND sur ce sujet n’a pas intégré l’importance de l’augmentation des compétences dévolues aux sages-femmes par la Loi de Santé Publique du 9 Août 2004, et qui représente dorénavant une majoration du temps sage-femme de 30 %.

34 000 sages-femmes en Angleterre pour 100 000 naissances de moins qu’en France.

Près de 18 000 chez nous sur le papier, mais à peine 13 000 en équivalent temps plein.

Formation

Comme cela leur avait été promis par un précédent ministre de la santé, les sages-femmes demandent que soient enfin reconnues leurs 5 années de formation.
• que leur intégration universitaire devienne une réalité, comme dans la majorité des pays d’Europe du Nord.
• que les « pseudo remplacements » de l’avant-dernière année de formation disparaissent pour être remplacés par un ou deux trimestres de stages internés au cours de la 5ème année, avec la fin de l’enseignement de la pathologie et la production d’un mémoire.
• que le diplôme d’Etat soit délivré de façon concomitante avec le master professionnel.
• qu’à l’instar d’un certain nombre de pays d’Europe du Nord, une filière recherche leur soit ouverte.

Un exemplaire de ce document est adressé parallèlement à Mr. Frédéric Van ROCKEGHEM

Ceci, Monsieur le Ministre, représente les choix de l’ensemble de la profession, toutes associations et syndicats confondus.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre à l’assurance de ma très haute considération.

Françoise BICHERON
Présidente de la NGAP Sages-femmes
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