Publication

Mercredi 11 août 2010 3 11 /08 /Août /2010 14:32
- Par CIANE - Publié dans : Publication

Une analyse sur la sécurité des accouchements à domicile, publiée en juillet 2010 par le American Journal of Obstetrics & Gynecology, conclut à trois fois plus de risques de décès pour les bébés sans anomalie congénitale dont la naissance était prévue à la maison. Le Ciane publie ici la traduction d'une réponse faite par une chercheuse britannique, Gill Gyte, research associate dans le groupe sur la grossesse et la naissance de Cochrane.

Cette réponse de Gill Gyte a été d'abord publiée dans les réponses rapides du British Medical Journal (BMJ) suite à la parution d'une News à ce sujet le 2 juillet http://www.bmj.com/cgi/eletters/341/jul02_2/c3551#238778 (accès libre) puis dans une Lettre à l'éditeur, BMJ 2010;341:c4033 http://www.bmj.com/cgi/content/extract/341/jul27_2/c4033

 

Les résultats de la récente méta analyse sur la sécurité de l’accouchement à domicile ne sont pas fiables
(we cannot rely on the findings of a recent meta-analysis on safety of home birth.  Gill Gyte, Research Associate Cochrane Pregnancy and Childbirth Group, University of Liverpool, Liverpool Women’s Hospital NHS Fou, Susan Bewley, Miranda Dodwell, Mary Newburn, Jane Sandall and Alison Macfarlane)

(13 Juillet 2010) Susan Mayor (News, 2 juillet 2010) rapporte les conclusions d’une méta-analyse qui démontrent un lien entre l’accouchement planifié à domicile et un taux de mortalité néonatale doublé par rapport aux accouchements planifiés à l’hôpital. Une analyse plus précise remet en question ces résultats.

1. Alors que dans toute méta-analyse, la qualité des études est primordiale, aucune évaluation n’en a été faite. Il s'agissait d'études d'observation dont beaucoup ne prenaient pas suffisamment en compte les facteurs de risques confondants ("many were not matched for confounding risk factors") 

2. Des erreurs de classification posent aussi problème. Les données sur la mortalité néonatale proviennent essentiellement de petites études avec une prépondérance pour une grande étude rétrospective effectuée sur les registres de naissance de l’état du Washington (2). Dans cette étude, des accouchements à domicile inopinés, plus susceptibles d'avoir de mauvais résultats, ont pu être considérés comme des accouchements prévus à domicile du fait que les certificats de naissance ne permettaient pas de faire la différence.

3. Les différences provenant de chiffres relativement faibles devraient être interprétées avec précaution car le manque de puissance statistique peut donner lieu à des erreurs systématiques ("lack of statistical power can give rise to systematic errors"). Les différences en terme de mortalité néonatale étaient basées sur 32 décès sur 16 500 naissances planifiées à domicile et 32 décès sur 33 302 naissances planifiées à l’hôpital (1). Ces chiffres n’ont pas la puissance statistique recommandée par l’outil d’évaluation GRADE (3), introduit par le National Institute for Clinical Excellence (NICE) qui préconise l’existence de 200 à 400 évènements. A l’inverse, la mortalité périnatale était basée sur 229 décès sur 331 666 naissances planifiées à domiciles et 140 décès sur 175 443 naissances planifiées à l’hôpital ne montrant donc aucune différence significative.

Malheureusement, Wax et BMJ ont choisi de mettre l’accent sur les résultats de mortalité néonatale. D’autres résultats moins mis en avant montraient peu de différence de mortalité périnatale et de décès de bébés dans les cas d’accouchement planifiés à domicile accompagnés par des sages-femmes certifiées (certified midwives). Les femmes prévoyant un accouchement à domicile ont de manière significative eu moins de bébés de faible poids ou prématurés. Cependant, tous les résultats devraient être mis en perpective de la qualité générale médiocre de la méta-analyse. Les revues professionnelles ont la responsabilité de rendre compte des résultats des études de façon objective, en mettant en lumière les limites méthodologiques de celle-ci.

References
1. Wax JR et al. Maternal and newborn outcomes in planned home birth vs planned hospital births: a metaanalysis. American Journal of Obstetrics and Gynecology 2010;203:x.ex-x.ex.
2. Pang JWY et al. Outcomes of planned home births in Washington State: 1989-1996. Obstetrics and Gynecology 2002;100:253-9.
3. GRADE Working Group. Grading quality of evidence and strength of recommendations. BMJ 2004;328:1490-1494.

 

Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire
Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 12:28
- Par CIANE - Publié dans : Publication

Une analyse sur la sécurité des accouchements à domicile, publiée en juillet 2010 par le American Journal of Obstetrics & Gynaecology, conclut à trois fois plus de risques de décès pour les bébés sans anomalie congénitale dont la naissance était prévue à la maison. Suite à cette publication, la NACPM, association nationale des sages-femmes professionnelles certifiées (USA), a été sollicitée par les médias, y compris par le New-York Times. La NACPM fait remarquer que la publication de cette étude semble avoir été planifiée pour avoir un maximum d'impact politique. Le Ciane présente ici la traduction du communiqué de la NACPM, daté du 6 juillet 2010. http://www.nacpm.org et lien vers le communiqué original (pdf)

 

6 juillet 2010

Contact:  Mary Lawlor, CPM, 917-453-6780, president@nacpm.org

Sur: Maternal and Newborn Outcomes in Planned Home Birth Vs. Planned Hospital Births:  A Meta-Analysis, Wax JR, Lucas FL, Lamont M, et al., Am J Obstet Gynecol 2010

Pour construire des règles de bonnes pratiques et pour continuer à améliorer la qualité des soins en périnatalité destinés aux femmes comme aux enfants, il est essentiel de disposer de travaux de recherche de bonne qualité sur la sécurité des accouchements se déroulant hors structure hospitalière et avec l’accompagnement d’une sage-femme. Une méta-analyse de Wax et al, du Maine Medical Center de Portland, a été publiée en ligne le 1er juillet 2010 dans la revue American Journal of Obstetrics and Gynecology (AJOG) qui porte sur la comparaison de l’état de santé des nouveau-nés dont la naissance est prévue à domicile avec ceux dont la naissance est prévue à l’hôpital. Malheureusement, cette étude est très loin de la rigueur et de la qualité scientifique que les professionnels de santé et le public sont en droit d’attendre. Non seulement les conclusions de Wax sont en contradiction directe avec un nombre de plus en plus important de travaux de recherches de bonne qualité au niveau international qui démontrent que l’accouchement à domicile pour les femmes à bas risque et accompagné par une sage-femme professionnelle expérimentée (trained professional midwife) est parfaitement sûr pour les mères comme pour les enfants, mais la méthodologie de leur étude est profondément biaisée. Ses conclusions alarmistes seront utilisées non pas pour contribuer à l’amélioration des soins et de la fiabilité de l’information destinée des femmes comme aux professionnels de santé, mais pour justifier l’accroissement continu des interventions médicales lors de l’accouchement, alors qu’il a été établi que les inconvénients pour les femmes et aux enfants sont supérieurs aux bénéfices.

La conclusion, largement reprise dans les médias, qui laisse entendre que l’accouchement à domicile implique un risque pour les nouveau-nés n’est pas appuyée sur les données des meilleures études disponibles. En fait, les auteurs reconnaissent que la plupart des publications qu’ils ont prises en compte dans leur analyse s’accordent sur la constatation d’une faible mortalité infantile. Ils arrivent pourtant, de façon étonnante, à une conclusion opposée, fondée sur des statistiques tirées d’un ensemble d’études de mauvaise qualité et qui sont largement contestées. Michael C. Klein, Docteur en Médecine, professeur émérite de l’Université de Colombie Britannique et scientifique senior à l’Institut de Recherche Famille et Enfant de Vancouver, déclare : « Une méta-analyse ne peut pas être meilleure que les études qui la composent. L’analyse de sensibilité menée par les auteurs après exclusion des études anciennes ou de mauvaise qualité met en évidence une absence de différence statistiquement significative, que ce soit pour la mortalité périnatale ou néonatale, quel que soit le lieu d’accouchement. »

Les biais et inexactitudes troublantes de cette analyse sont multiples: tout d’abord, Wax et ses collègues présentent de manière déformée les travaux qui sont supposés appuyer l’idée d’une mortalité néonatale accrue pour les naissances à domicile; ils font référence à des études mal conçues qui mélangent des cas à faible et haut risque ; ils n’ont pas fait la preuve de la qualité des études retenues sur la base des critères d’inclusion et d’exclusion choisis; ils ont omis de prendre en compte plusieurs études importantes et de bonne qualité ; enfin, le lien qu’ils établissent entre entre un faible taux d’intervention lors des accouchements et la mortalité accrue des nouveau-nés n’est fondé sur rien de solide. L’argumentaire comprend des constations issues d’une étude de Wax : celle-ci est mal conçue car elle s’appuie sur les certificats de naissance dont on sait qu’ils  ne permettent pas de différencier les accouchements prévus à domicile des accouchements inopinés, ni d’étudier la mortalité néonatale de manière fiable. La manière dont les auteurs ont défini leurs critères de sélection et dont ils ont soigneusement élaboré leur stratégie de recherche leur a permis d’éliminer la seule étude prospective sur l’accouchement à domicile aux Etats-Unis. Cette étude montre d’excellents résultats autant pour les mères que pour les enfants pris en charge par les sages-femmes certifiées professionnelles (Certified Professional Midwives, CPM) - (Johnson & Daviss, BMJ, 2005).

L’analyse tendancieuse de Wax et ses collègues des taux de mortalité néonatale minimise le fait que toutes les études utilisées dans leur analyse montrent que les mères accouchant à domicile ont, par rapport à celles accouchant à l’hôpital, de meilleurs résultats, et cela pour chacun des critères d’évaluation qui concernant le bien-être des femmes et des nouveau-nés. Wendy Gordon, CPM et directrice de recherche en éducation pour la Division de recherche Midwives' Alliance, déclare : « Lorsqu’on exclut les données erronées, selon les calculs même des auteurs de l’étude, on ne retrouve en fait aucune différence dans les taux de mortalité entre le domicile et l’hôpital, conclusion qui a été confirmée et reconfirmée par des travaux de bonne qualité. Les auteurs n’ont même pas mentionné cette absence de différence dans leur conclusion finale, ce qui constitue un geste de censure radicale derrière lequel on ne peut que soupçonner une motivation politique”.

Les femmes et les familles sont en droit de connaître la vérité; or les auteurs de cette étude dissimulent des informations importantes sur la sécurité et les résultats néonataux de l’accouchement à domicile. Le mélange d’études hétérogènes de par leurs origines et leur qualité constitue défaut de conception irrémédiable et conduit à des conclusions trompeuses sur la mortalité néonatale qui n’aident en rien les femmes américaines à comprendre les vrais risques et bénéfices de l’accouchement à domicile par rapport à l’accouchement à l’hôpital.

 

Nacpm Responds to Acog

Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire
Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 08:21
- Par CIANE - Publié dans : Publication

cims.pngUne analyse sur la sécurité des accouchements à domicile, publiée en juillet 2010 par le American Journal of Obstetrics & Gynaecology, conclut à trois fois plus de risques de décès pour les bébés sans anomalie congénitale dont la naissance était prévue à la maison. Le CIMS, important collectif non gouvernemental américain, a publié un communiqué de presse en réponse à cette publication. Le CIANE diffuse la traduction de la réponse du CIMS ainsi que le communiqué d'orgine. Sur le CIMS: http://www.motherfriendly.org/about.php

 

 

Le CIMS répond à la publication d’une étude largement biaisée sur la sécurité de l’accouchement à domicile

Raleigh, NC (9 juillet 2010)-Le CIMS (Coalition for Improving Maternity Services – Coalition pour le progrès dans les services de maternité) est scandalisé  de voir que les éditeurs du AGOG (American Journal of Obstetrics and Gynecology) ont accepté une étude mal conçue  et méthodologiquement douteuse dans laquelle les auteurs concluent qu’il y a trois fois plus de mortalité néonatale lors d’accouchements prévus à domicile que lors d’accouchements prévus à l’hôpital.

La Présidente du CIMS, Michelle Kendell, MBA (Master of Business Administration), AAHCC (American Academy of Husband-Coached Childbirth), déclare : “Sur la base de l’analyse qu’il mène continuellement sur les travaux produits dans le monde entier autour de ces questions, le CIMS s’est rendu compte que les auteurs de la méta analyse ont inclus des données qui introduisent des facteurs de confusion: certaines études sont anciennes et de faible qualité; sont parfois mélangés des femmes à bas et haut risque de complication, des prématurés et des bébés à terme, des bébés nés à la maison de manière inopinée, des accouchements accompagnés par des  personnes non qualifiées et des données provenant de certificats de naissance qui ont été reconnus par des chercheurs comme notoirement inexacts”

Bien que les auteurs reconnaissent que la plupart des publications considérées dans leur analyse s'accordent sur la constatation d'une faible mortalité néonatale, ils ont fondé leurs conclusions sur des statistiques tirées d'un sous-ensemble d'études contestables et de mauvaise qualité.

De plus, le chercheur principal de l’étude, Joseph R. Wax, Docteur en Médecine, et ses co-auteurs ont éliminé de manière inexplicable la seule étude de haute qualité concernant l’accouchement prévu à domicile aux Etats-Unis et qui mettait en évidence d’excellents résultats en termes de santé pour les enfants et leurs mères quand elles étaient accompagnées par des sages-femmes certifiées (Johnson & Daviss BMJ 2005).

Dans son communiqué de presse, le Collège américain des infirmières-sages-femmes (American College of Nurse-Midwives), une organisation membre du CIMS, remarque: « Les conclusions des auteurs diffèrent significativement des conclusions d’études récentes et de bonne qualité sur les résultats de l’accouchement à domicile et qui ont démontré qu'il n'y a aucune différence significative entre les naissances prévues à domicile et celles prévues à l’hôpital. »


Une autre étude menée par le « CIMS Expert Work Group » a établi que les naissances prévues à domicile avec un professionnel de soins qualifié induisaient des taux de mortalité périnatale similaires, et non supérieurs, quand on les comparait à une population identique de femmes à bas risques et accouchant à l’hôpital. Ceci malgré des taux d’interventions obstétricales moindres notamment en ce qui concerne l'utilisation du monitoring, les analgésies, les poses d’intraveineuses, les extractions instrumentales et les césariennes.

« Lamaze International », une organisation membre du CIMS, a également mis en doute les conclusions de l’étude. Amy Romano, MSN (Master in Science of Nursing), CNM (Certified Nurse Midwife), chercheuse et participante au blog de Lamaze International “Science and Sensibility”, a écrit : “Des études de bonne qualité menées sur des femmes à bas risque dans les systèmes de soin bien coordonnés ne mettent pas en évidence de risque supplémentaire pour les bébés mais des bénéfices conséquents pour les mères ».

Le CDC (Center of Disease Control) rapporte que les enfants nés à domicile ont moins de probabilité d’être prématurés ou de faible poids si on les compare aux bébés nés à l’hôpital.

Mary Lawlor, CPM (Certified Professional Midwife), présidente de l’Association nationale des sages-femmes professionnelles certifiées (National Association of Certified Professional Midwives), une organisation membre du CIMS, a déclaré que l’étude ne présente pas, loin de là, les caractéristiques d’une analyse rigoureuse et de bonne qualité que les professionnels de santé et le public sont en droit d’attendre.

Commentant également l’étude, Geraldine Simkins, CNM (Certified Nurse Midwife), MSN (Master in Science of Nursing), présidente de l’Alliance des sages-femmes d’Amérique du Nord (Midwives Alliance of North America), une organisation membre du CIMS, déclarait : « Le public américain, surtout les femmes en âge de procréer et les personnes qui les prennent en charge, ont droit à des recherches de bonne qualité sur la naissance. La littérature scientifique ne devrait pas être utilisée pour créer des inquiétudes injustifiées ou pour limiter le choix des femmes qu'il s'agisse du lieu d'accouchement ou du professionnel accompagnant cet accouchement (sages-femmes notamment).

L’étude au cœur de ce débat, "Maternal and newborn outcomes in planned home birth vs planned hospital births : a metaanalysis", dont la parution était initialement prévue dans le numéro de septembre 2010 du American Journal of Obstetrics and Gynecology (AJOG), a été publiée en ligne le 1er juillet. Les chercheurs et la critique soupçonnent que cette parution précoce était est politiquement motivée pour discréditer les sages-femmes qui accompagnent la majorité des accouchements à domicile aux Etats-Unis et pour décourager les législateurs de faire passer des lois de plus en plus en faveur des sages-femmes, comme celle de l’Etat de new-York (Midwifery Modeernization Act – Bill S5007a/A8117b), qui est passée le 28 juin avec le soutien écrasant des deux partis, assurant la pratique autonome pour toutes les sages-femmes licenciées travaillant dans tous les cadres d'exercice.

Le conseiller du CIMS, Dr Michael C. Klein, un scientifique senior à l’Institut de recherche sur l’enfant et la famille (Child and Family Research Institute) de Vancouver et professeur émérite de médecine familiale et de pédiatrie de l’université de Colombie Britannique, pense qu’il s’agit « d’une tentative éhontée - et vaine - d’avoir un piètre verni scientifique au service d’un programme politique. Je suis très surpris que le journal l’ait publiée, et encore plus qu’il la qualifie de “Editor’s Choice” ».

Selon le CDC, le nombre de femmes choisissant l’accouchement à domicile a augmenté depuis 1990, a progressé de 5% en 2005 et est resté stable en 2006. Ceci est significatif, car c’est la première fois en 14 ans que le pourcentage de naissances hors structure hospitalière a augmenté aux Etats-Unis. En 2006, il y a eu 4,2 millions de naissances aux Etats-Unis, dont approximativement 25 000 (0,59%) à domicile. Environ 61% des accouchements à domicile ont été accompagnés par des sages-femmes. Parmi les accouchements accompagnés par des sages-femmes, un quart (27%) l’ont été par des « Certified Nurse-Midwives »  et à peu près les trois quart (73%) par d’autres sages-femmes professionnelles.

« Les femmes choisissent l’accouchement à domicile pour différentes raisons », déclare Nicette Jukelevics, présidente du « CIMS Coalition Building Committee ». Pour des raisons financières, des préoccupations culturelles ou religieuses, des problèmes de transport dans les régions rurales ou pour donner naissance dans un environnement familial où on les soutient et avec peu d’interventions. D’autres pays comme la Grande Bretagne, l’Irlande, le Canada et les Pays-Bas soutiennent le choix des femmes pour l’accouchement à domicile. Il y a chez nous, depuis des décennies, une controverse non justifiée contre l’accouchement prévu à domicile avec un professionnel de soins qualifié. Il est temps que les femmes vivant aux Etats-Unis aient les mêmes droits, et la possibilité d’accoucher comme elles l’entendent ».

Le CIMS (Coalition for Improving Maternity Services) est un groupement de personnes et d’organisations nationales concernées par les soins et le bien-être des mères, des bébés et des familles. Notre mission est de promouvoir un modèle bienveillant d’accompagnement de la maternité qui améliore les résultats et réduise les coûts. Ce modèle « evidence-based » (fondé sur des preuves) pour les mères, bébés et familles se concentre sur la prévention et le bien-être, ainsi que sur les alternatives aux examens de dépistage onéreux, les diagnostics et programmes de traitement. http://www.motherfriendly.org

 

 

Le communiqué original

CIMS Responds to Skewed Article on Homebirth

Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire
Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 15:37
- Par CIANE - Publié dans : Publication

Une analyse sur la sécurité des accouchements à domicile, publiée récemment par le American Journal of Obstetrics & Gynaecology, conclut à trois fois plus de risques de décès pour les bébés sans anomalie congénitale dont la naissance était prévue à la maison. 

Le National Childbirth Trust (NCT), une importante association britannique, a mis en évidence de sérieux défauts méthodologiques dans cette analyse et conteste les conclusions. 

Le Ciane publie la version française de cette communication du NCT.

Critique de la meta-analysis de Wax 2010 sur sécurité des accouchements à domicile

Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire
Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 22:24
- Par CIANE - Publié dans : Publication
cover-medium[1] La revue de médecine périnatale publie une série de trois articles écrits par un membre du Ciane sur la remise en cause collective des pratiques professionnelles par les usagers de la périnatalité. La seconde partie, sur la légitimité de cette remise en cause, est parue dans le numéro de mars 2010. Nous en communiquons ici le résumé. Le texte intéral est disponible sur le site de l'éditeur (voir lien en bas de l'article) et le sera également sur le site du Ciane (ici).


La remise en cause de pratiques médicales professionnelles de la part des usagers de la périnatalité. Quels en sont les origines historiques, la légitimité et les moyens aujourd’hui?

Partie II : quelle légitimité? 

La question de la légitimité del’attitude des usagers qui consiste à remettre en cause des pratiques médicales, en s’appuyant sur la connaissance critiquedes données publiées, amène plusieurs points que nous développons en nous référant à l’expérience du Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane). La remise en cause de pratiques par les usagers est une conséquence inévitable de l’évolution des moyens d’accès aux connaissances (Internet),ce qui a conduit certaines personnes à s’investir dans la défense des usagers en périnatalité, non pas par conviction première, mais parce qu’elles ont constaté le décalage entre les pratiques médicales et les données publiées. Le contexte légal français permet aux usagers de saisir les organismes experts, ce qui a permis l’élaboration des référentiels nationaux sur des sujets demandés par les usagers en raison de leur connaissance, à la fois, du vécu des parents et des données factuelles. Dans le cadre de la représentation des usagers dans le système de santé, il est nécessaire que les associations voient leur légitimité reconnue : l’étude critique des données académiques assure aux représentants des usagers une formation sur des faits et des connaissances médicales objectives qu’ils sont capables d’acquérir de façon autonome ; elle permet aussi la distanciation nécessaire à l’expression d’un point de vue collectif et l’instauration d’un dialogue de qualité avec les professionnels de santé. Pourtant, ce positionnement n’emporte pas inconditionnellement les suffrages des autres acteurs : des associations de patients, dans le champ de la périnatalité ou non, se refusent à parler de médecine ; des acteurs associatifs peinent à envisager des formes d’actions qui sortent de la sphère privée ; des professionnels, même favorables à une certaine participation des usagers, cherchent à leur désigner la place qu’ils doivent occuper ; et le grand public conteste une quelconque capacité des profanes à porter tout regard critique sur les pratiques des médecins. L’action des usagers ne se limite pas aux critiques de certaines pratiques médicales. La publication, par des organismes experts, de recommandations de pratique estsouvent un résultat intéressant, mais ne garantit pas que les droits des usagers soient effectivement respectés jusque dansles salles de naissance. Les associations du Ciane exercent une vigilance particulière à cet égard.

Résumé et article intégral sur le site de l'éditeur: ici 
Rev. Méd. Périnat. ( 2010) 2:48-53 
DOI 10.1007/s12611-010-0057-9
Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire
Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 21:57
- Par CIANE - Publié dans : Publication

 

Le Ciane est invité à intervenir lors des 10es Journées Angevines de Gynécologie Obstétrique, le 5 mars 2010 à Angers. Le collectif participera à un débat contradictoire pour/contre les maisons de naissance. Voici sa pré-communication.

Le collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane) est un collectif d’associations. Il est agréé pour la représentation des usagers dans le système de santé.

 
Le Ciane soutient la diversité des options offertes aux parents en matière de suivi de grossesse et d’accouchement. Il souhaite travailler avec les professionnels sur le respect des droits personnels des patients, sur l’amélioration des pratiques et de l’organisation du systèmes de santé en cohérence avec l’analyse critique des données publiées. Il souhaite aussi, parce que cela répond à la diversification de l’offre attendue par les parents, la création d’espaces physiologiques ou salles naissance en maternité, l’accès des sages-femmes aux plateaux techniques et le suivi global.


Les usagers considèrent que les maisons de naissance sont également une réponse à cette attente de diversification de l’offre. Les maisons de naissance, pour les usagers, répondent aux critères définies par le réseau européen des maisons de naissances (1999) : structures autonomes, placée sous la responsabilité exclusive des sages-femmes conformément à leur compétence légale, elles intègrent l’accompagnement global de la grossesse et sont insérées dans un réseau périnatal.
 
 
Il n’a pas été démontré que ce souhait des usagers soit une aberration en matière de sécurité. Le fonctionnement de maisons de naissance dans d’autres pays montre que l’option peut être considérée comme raisonnable. L’analyse des publications ne met pas en évidence un risque de santé publique lié à l’existence d’un choix pour les usagers. Nous soutenons qu’il n’y a pas de preuve d’un bénéfice, en terme de santé publique, de la politique française actuelle qui entrave la création de maisons de naissance. Autrement dit, le développement de possibilités autres que l’accouchement en milieu hospitalier, réservées aux femmes qui le souhaitent et dont les conditions de grossesse le permettent, ne peut être démontré présentant a priori des inconvénients par rapport à l’organisation actuelle.


Ce raisonnement prend à rebours celui qui est communément avancé. Là où les professionnels de santé on tendance à attendre la preuve de l’inutilité d’une pratique avant de l’abandonner (la pratique étant, ici, l’accouchement à l’hôpital pour toutes), les usagers demandent la preuve de l’intérêt de la pratique, faute de quoi ils considèrent qu’ils peuvent la remettent en cause, notamment si elle a un impact fort sur leur vécu personnel.


Il s’agit là d’une différence de point de vue caractéristique de la complémentarité entre professionnels et usagers et qui fait l’intérêt du débat. 

http://ciane.net/AngersMars2010 
Voir les 1 commentaires
Ecrire un commentaire
Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 00:13
- Par CIANE - Publié dans : Publication
cover-medium[1] La revue de médecine périnatale publie une série de trois articles écrits par un membre du Ciane sur la remise en cause collective des pratiques professionnelles par les usagers de la périnatalité. La première partie, sur les origines historiques, est parue dans le numéro de décembre 2009. Nous en communiquons ici le résumé. Le texte intéral est également disponible ici 


La remise en cause de pratiques médicales professionnelles de la part des usagers de la périnatalité. Quels en sont les origines historiques, la légitimité et les moyens aujourd’hui?

Partie I, les origines historiques. 

Dans la seconde partie du XXe siècle, en France, la remise en cause des pratiques médicales dans le domaine de la grossesse et de l’accouchement est le fait de certains professionnels de santé (accouchement sans douleur dès 1952, lieux de naissance alternatifs dans les années 1970–1980). La parole collective, autonome et concertée de femmes, de parents, d’associations est peu visible. Les femmes accèdent à la contraception, à l’interruption volontaire de grossesse et, dans les années 1980, à la péridurale, qui sont toutes des techniques médicales non plus prescrites aux patients, mais choisies par la femme qui en demande alors l’application au médecin. Dans le domaine de la santé en général, les rapports entre patients et soignants évoluent grâce à des associations de patients (malades du cancer, du sida, maladies rares) qui organisent leur prise de parole collective: le processus aboutit aux lois de 2002 sur les droits individuels et collectifs des usagers de la santé. Les associations de périnatalité sont peu visibles dans ces mouvements de patients, mais certaines tentent de leur emboîter le pas aux alentours de l’année 2000. La remise en cause collective et argumentée des pratiques médicales n’est généralement pas centrale pour ces associations de parents, pour des raisons sans doute historiques et liées aux difficultés d’accès aux publications médicales.

 
Rev. Méd. Périnat. ( 2009) 1:207-212 
DOI 10.1007/s12611-009-0043-2 
Voir les 2 commentaires
Ecrire un commentaire

Le Ciane: qui sommes-nous?

- Le CIANE est un collectif d'associations agréé pour la représentation des usagers dans le système de santé (agrément N° N2008AG0020).
- Le CIANE relève d'aucune appartenance politique ou syndicale, ni d’une obédience religieuse ou philosophique. Ses principes reposent sur la transparence, et son engagement est de nature citoyenne, respectueuse des lois.

Comment le Ciane communique?

Ce blog et sa newsletter 
Blog http://
www.ciane.info - Pour recevoir les nouveaux billets du blog par email, s'abonner également à la newsletter (plus bas) - Fil RSS (plus bas) 
Une liste de diffusion email à archives publiques
http://fr.groups.yahoo.com/group/re-co-naissances
Une liste réservée aux membres d'associations du Ciane
http://fr.groups.yahoo.com/group/ciane
(il existe aussi une liste privée réservée aux membres du CA du Ciane)
Un site public (Ciane.net ou CianeWiki)
http://ciane.net contient les documents du Ciane : activités, dossiers, lettres et communications, statuts et rapports associatifs, liste des associations membres...
Un site privé (Intranet du Ciane)
http://intranet.ciane.netr propose des pages à accès privé pour les documents de travail du Ciane

Une adresse email:

collectif_ciane(arobase)yahoo.fr

Contact téléphonique : Gilles Gaebel, 06 22 54 01 12 

W3C

  • Flux RSS des articles

Calendrier du Ciane

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés